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dimanche 26 décembre 2021

Nowakowski (Józef)

Nowakowski (Józef)

(le 16 septembre 1800 - le 27 août 1865)




NOWAKOWSKI (JOSEPH), pianiste et compositeur polonais, est né dans les premières années du dix-neuvième siécle à Moiseck, dans le palatinat de Radom. Les éléments de la musique lui furent enseignés dans un monastère de l'ordre de Citeaux, à Wonchock, où son oncle maternel dirigeait le chœur. Ses progrès furent rapides; dès sa treizième année, il chantait la partie de soprano dans la musique d'église, jouait du piano et du violon. Un Bohème, bon musicien, qui l'entendit dans une maison où il donnait des leçons, lui conseilla d'aller étudier à Varsovie, où il trouverait des moyens d'instruction pour son art. Convaincu qu'il ne pouvait rencontrer d'habiles maîtres que dans la capitale de la Pologne, Nowakowski s'y rendit en effet. Admis au conservatoire de cette ville, il y continua ses études de piano. Wurfel lui enseigna l'harmonie, et Elsner fut son maître de composition. Sa première production fut une ouverture exécutée avec succès par l'orchestre du conservatoire, en séance publique de la distribution des prix. Ce bon accueil fait à son premier essai fut un encouragement pour le jeune compositeur, et lui fit faire de nouveaux efforts pour le développement de son talent. Lorsqu'il entreprit son premier voyage à l'étranger, en 1833, il était déjà considéré comme un des meilleurs compositeurs de la Pologne, et sa réputation comme professeur de piano était des plus brillantes. Il visita l'Allemagne, l'Italie et s'arrêta quelques mois à Paris, où il se fit entendre sur ie piano dans les salons et dans les concerts. 


De retour à Varsovie, il publia quelques-unes de ses meilleures compositions, au nombre desquelles est son premier quintette pour piano, violon, alto, violoncelle et contrebasse dédié à l'empereur Nicolas. Ayant été nommé professeur de piano à l'institut d'Alexandre, il y forma de bons élèves qui sont devenus plus tard d'habiles maîtres de leur instrument. Dans les années 1838, 1841 et 1846, M. Nowakowski a fait de nouveaux voyages à Paris, et y a publié divers ouvrages, au nombre desquels sont ses 12 grandes études dédiées à Chopin. 


Les compositions de cet artiste, en différents genres, sont au nombre d'environ soixante œuvres. On y remarque deux messes à quatre voix et plusieurs autres morceaux de musique d'église avec orgue; deux symphonies et quatre ouvertures pour l'orchestre; plusieurs polonaises et marches idem ; deux quintettes pour piano, violon, alto, violoncelle et contrebasse; un quatuor pour instruments à cordes; des polonaises, mazurkas, rondeaux, airs variés, fantaisies, nocturnes et grandes études pour piano; un duo pour piano et violon dédié à Charles Lipinski; deux livraisons de chants polonais; des mazurkas pour le chant, des ballades et des romances allemandes, françaises et italiennes publiées à Berlin, Leipsick, Breslau et Varsovie; environ vingt polonaises pour piano et orchestre, et un grand nombre de mazurkas, quadrilles, polkas et valses. M. Nowakowski est aussi auteur d'une méthode de piano et de deux recueils d'exercices pour les élèves,



 Extrait de Tome VI; P.339-340 de la « Biographie Universelle des Musiciens »  par François-Joseph Fétis, 1860-1866 @BnF Gallica.




lundi 31 août 2020

NEUKOMM (Sigismond)

NEUKOMM (Sigismond)

(le 10 juillet 1778 - le 3 avril 1858) 


NEUKOMM (Sigismond), compositeur, est né le 10 avril*(sic) 1778, à Salzbourg. Dès la sixième année de son âge, il montra un penchant décidé pour la musique.  Son premier maître fut l'organiste Weissauer, que Neukomm fut bientôt en état d'aider dans l'exercice de ses fonctions.  La plupart des instruments à cordes et à vent lui étaient devenus familiers, et sur quelques-uns il était d'une habileté assez remarquable.  Dans sa quinzième année, il obtint la place d’organiste à l'université.  Son père, homme instruit et premier professeur de l'école normale de Salzbourg, lui fit faire des études classiques ont les avantages se sont révélés en beaucoup de circonstances de sa vie.  Pendant qu'il suivait les cours des collèges, Michel Haydn, dont la femme était parente de la mère de Neukomm, lui donna des leçons de contrepoint et d'harmonie, et se fit souvent remplacer par lui dans ses fonctions d'organiste de la cour. Parvenu à l'âge de dix-huit ans, Neukomm fut nommé corépétiteur de l'Opéra : cette occupation acheva de développer son penchant pour la musique, et lui fit prendre la résolution de se livrer exclusivement la culture de cet art.  


Après avoir achevé à l’université ses cours de philosophie et de mathématiques, il quitta Salzbourg en 1798, et se rendit à Vienne, où Joseph Haydn, sur la recommandation de son frère, l'adopta pour élève et le traita comme un fils.  Pendant plusieurs années, le jeune artiste recueillit les fruits de cette heureuse position, et reçut les conseils de l'homme célèbre. Vers la fin de 1806, Neukomm s’éloigna de Vienne pour se rendre en Russie, prenant sa route par la Suède. Arrivé à Stockholm en 1807, il y fut nommé membre de l'académie de musique, puis il se rendit à Pétersbourg, où la direction de la musique de l'Opéra allemand lui fut confiée. La société philharmonique de cette ville le choisit aussi pour un de ses membres. Pendant son séjour dans cette capitale et à Moscou, il fit exécuter avec succès quelques-unes de ses compositions; mais ses premiers ouvrages ne furent publiés qu'après son retour en Allemagne.  Une maladie sérieuse, occasionnée par l’avis de la mort de son père, l'obligea de renoncer à la direction de la musique du théâtre impérial allemand.  De retour à Salzbourg, il y resta peu de temps, et se rendit à Vienne, où 'il n'arriva qu'au moment de la mort de Haydn.


Après la paix qui suivit la campagne de 1809, Neukomm se rendit à Paris, où ses liaisons avec les artistes et les savants les plus distingués le fixèrent pendant plusieurs années. Il y trouva dans la princesse de Vaudémont une protectrice qui le présenta au prince de Talleyrand et le lui recommanda avec chaleur.  A cette époque, Dussek était attaché comme pianiste à la maison de ce personnage politique; mais déjà sa santé commençait à s'altérer. Bientôt après il fut obligé de se rendre à Saint-Germain, dans l'espoir qu'un air plus pur pourrait hâter sa guérison, et pendant son absence, Neukomm le remplaça auprès du prince. On sait qu'après avoir langui dans sa retraite champêtre, Dussek mourut en 1812.  Dès ce moment, Neukomm fut définitivement installé chez le prince de Talleyrand.  En 1814 il l'accompagna au congrès de Vienne; un Requiem qu'il avait composé en commémoration

de Louis XVI fut exécuté dans l'église St-Étienne de cette ville, par un chœur de 300 chanteurs, en présence des empereurs, rois et princes réunis au congrès.  En 1815 le prince de Talleyrand fit obtenir à Neukomm la décoration de la Légion d'honneur, et des lettres de noblesse.  De retour à Paris après les Cent-Jours, il y reprit ses travaux.  


En 1816, il accompagna le duc de Luxembourg, qui allait en ambassade extraordinaire à

Rio-Janeiro.  Le roi don Pedro le choisit pour maître de sa chapelle et lui fixa un traitement

considerable.  Neukomm enjouit pendant plus de quatre ans; mais après la révolution du Brésil, qui obligea le roi à repasser en Europe, il renonça de son propre mouvement à son titre et aux appointements qui y étaient attachés. De retour à Paris au mois d'octobre de la même année, il retrouva sa place dans l’hôtel de Talleyrand, reprit ses travaux et les douces habitudes de sa vie.


Depuis longtemps il éprouvait le désir de visiter l'Italie; en 1826, il réalisa son projet de

voyage en ce pays, qui lui offrait des objets d'études variés; il visita Milan, Florence, Bologne, Rome, Naples et Venise. Dès ce moment, un goût passionné de voyages sembla s'être emparé de lui.  En 1827 il parcourut la Belgique et la Hollande; deux ans après il se rendit en Angleterre et en Écosse:  il y fut accueillit avec distinction par Walter Scott et quelques autres hommes remarquables. Rentré à Paris dans les premiers mois de 1830, il n'y resta que peu de temps, parce qu'il accompagna Talleyrand dans son ambassade à Londres, après la révolution du Juillet. Il alla à Berlin en 1832 et y fit exécuter deux fois son oratorio La Loi de l'Ancien Testament, ainsi que plusieurs autres compositions;  puis il visita ses amis de Leipsick et de Dresde.  De retour à Londres, il y passa l'hiver de 1832-1833, fit ensuite un second voyage en Italie, et s'arrêta dans le midi de la France pendant l'hiver de 1833-1834.  Profitant de la proximité de Toulon, il fit une excursion à Alger et dans les possessions françaises de l'Afrique.  Paris et Londres le revirent pendant les années 1835 et 1836.  Il s'était proposé de parcourir l'Amérique septentrionale pendant cette dernière année; mais une maladie douloureuse le retint en Angleterre au moment même où il allait s'embarquer.  Rendu à la santé, il reprit le cours de ses voyages, visita de nouveau la Belgique, Francfort, Darmstadt, Heidelberg, Mannheim et Carlsruhe. De retour ensuite à Paris, il y passa plusieurs années, puis il fit un voyage en Suisse.  En 1842, il dirigea la fête musicale de Friedberg et celle de Salzbourg, à l'occasion de l'érection du  monument de Mozart, il retourna ensuite en Angleterre, pays qu'il affectionnait et où il avait beaucoup d'amis. 


Depuis quelques temps sa vue s’affaiblissait par la formation de la cataracte sur les deux yeux. Il finit par devenir complètement aveugle. En 1849, il se fit faire l’opération par un célèbre oculiste de Manchester: elle eut le plus heureux résultat. En 1849, je retrouvai ce vieil ami à Munich: il était encore obligé de porter des lunettes colorées de diverses manières en raison de l'état de la lumière dans les différentes parties du jour : mais en dépit de ses souffrances passées et des préoccupations que lui donnait son état actuel, il était encore plein d’enthousiasme pour les belles œuvres de musique sérieuse que nous entendîmes dans quelques églises ainsi qu'à la chapelle royale. Lorsque je revis Neukomm à Londres en 1851, où il était membre du Jury de l'exposition universelle, il avait retrouvé la santé et sa douce gaieté habituelle. Peu de temps après il fit un voyage en Orient et s'arrêta quelque temps à Constantinople.  Dans un voyage que je fis à Paris en 1856, nous nous vîmes plusieurs fois, et je remarquai qu’il y avait en lui des symptômes d'affaiblissement.  Il a cessé de vivre dans cette ville, le 3 avril 1858, à l'âge de quatre-vingts ans.


Nonobstant les distractions multipliées de ses voyages, Neukomm a produit une si grande quantité de compositions de tout genre, qu'il est difficile de comprendre qu'il ait eu le temps nécessaire pour le travail matériel d'un si grand nombre d'ouvrages. Depuis l’âge de vingt-

cinq ans il tenait un catalogue thématique de ce qu'il avait écrit; voici le resumé qu'il m’en a 

envoyé en 1837 :

[ I ] Musique religieuse à plusieurs parties, avec ou sans accompagnement:

1° Oratorios : 2 en anglais, 5 en allemand.

2° Messes : 15 complètes

3° Te Deum : 5.

4° Grans chœurs: 3 en anglais,1 en russe.

5° Cantates d’église : 3 en anglais,1 en français, 1 en italien.

6° Morceaux détachés à plusieurs parties : 25 en latin, 9 en français, 12 en anglais, 2 en allemand. 

7° Collection d'antiennes et d'autres morceaux à plusieurs parties, en langue latine, composés pendant le voyage de Brest à Rio-Janeiro.

8° Collection considérable d'hymnes chorales sur des paroles anglaises,

9° The morning and evening service (Service du matin et du soir, à 4 parties), complet. 

Ces deux derniers ouvrages, qui renferment une multitude de pièces, ont été composés en Angleterre.

10° Psaumes à voix seule :4 en latin, 7 en italien, 10 en anglais, 17 en allemand. 

11° Psaumes à plusieurs parties: 10 en latin, 2 en russe, 7 à 2 voix, en anglais; 3 à 3 voix, idem; 2 à 4 voix idem; 3 à 5 voix, idem; 2 à grand chœur, idem;  1 à double chœur pour 8 voix, idem.

12° Cantates d'église et morceaux détachés à voix seule: 62 en anglais, 16 en latin,  2 en italien, 2 en français, 27 en allemand.


[ II ] Musique dramatique :

13° 10 opéras allemands.

14°  3 scènes détachées en italien.


[ III ] Musique vocale de concert et de chambre

15° Chœurs: 2 en portugais, 4 en anglais, 2 en allemand.

16° Trios : 2 en italien, 1 en anglais, 1 en français.

17° Duos : 1 en italien, 5 en français.

18° Cantates : 1 en français,  2 en italien.

19° 73 chansons allemandes.

20° 75 chansons anglaises

21° 50 romances françaises.

22° 4 canzonettes italiennes.


[ IV ]. Musique instrumentale :

23° Fantaisies et élégies à grand orchestre : 7.

24° 5 ouvertures détachées 

25° Une symphonie à grand orchestre.

26° Quintettes, quatuors, etc., pour divers instruments, au nombre de 23. 

27° 25 marches militaires, et autres pièces d’harmonie.

28° Duos, valses, etc., pour divers instruments.

29° Un concerto pour piano.

30° 10 sonates et caprices pour le même instrument.

31° Variations idem, 9 suites.

32° 8 fantaisies idem.

33° 57 pièces d’orgue.

34° Des exercices d'harmonie et des sorfèges.


La récapitulation de ces compositions, faite au mois d'août 1836, présente un ensemble 

de 524 œuvres de musique vocale, et de 219 de musique instrumentale: en tout, 743. Beaucoup de ces morceaux ont été publiés en France, en Allemagne et en Angleterre; mais un plus grand nombre est resté en manuscrit. A cette longue liste: il faut ajouter les deux oratorios Christi Auferstehung (La Résurrection du Christ), et Christi Himmelfahrt (L'Ascension du Christ), dont les partitions réduites pour le piano ont été publiées en 1842, et un très-grand nombre d'ouvrages de tout genre écrits depuis 1837. Neukomm était considéré comme un des meilleurs organistes de son temps.



 Extrait de Tome VI; P.303-305 de la « Biographie Universelle des Musiciens »  

par François-Joseph Fétis, 1860-1866 @BnF Gallica.


mercredi 26 août 2020

NARDINI (Pietro)

NARDINI (Pietro)

(le 12 avril 1722 - le 7 mai 1793) selon Wikipédia


NARDINI (Pierre), violoniste qui a eu de la réputation dans le dix-huitième siècle, n'est pas né à Livourne en 1725, comme le disent Gerber, Choron et Fayolle, et leurs copistes, mais à Fibiana, village voisin de Monte Lupo, dans la Toscane, en 1722, suivant les renseignements recueillis sur les lieux par Gervasoni.  Dans les premières années de son enfance, ses parents allèrent s'établir à Libourne; c'est là qu'il apprit les éléments de la musique et du violon.  Plus tard il se rendit à Padoue, où il passa plusieurs années, occupé de l’étude du violon sous la direction de Tartini. Ses heureuses dispositions et les leçons de  l'excellent maître lui tirent faire de rapides progrès. De retour à Livoume, à l'âge de vingt-quatre ans, il se fit entendre avec succès dans les églises et dans les concerts, et composa ses premiers ouvrages. 


Vers 1753, le grand-duc de Wurtemberg lui fit offrir un engagement avantageux. Nardini accepta les propositions qui lui étaient faites, et partit pour Stuttgard. Il y fit un séjour de près de quinze ans, et ne s'éloigna qu'une seule fois de cette ville pour aller se faire entendre à Berlin. La chapelle de Stuttgard avant été reformée en 1767, Nardini retourna en l'Italie, et se fixa de nouveau à Livourne. Deux ans après il fit un voyage à Padoue pour revoir son vieux maître, qui touchait sa fin. Il lui donna des soins pendant sa dernière maladie, comme aurait pu le faire un fils.  En 1770, le grand-duc de Toscane engagea Nardini comme violoniste solo et directeur de sa musique, Il était en possession de cette place depuis plusieurs années lorsqu'il eut l'honneur de jouer devant l'empereur Joseph II, à Pise. Charmé de son talent, ce prince lui fit présent d'une riche tabatière d'or émaillé. Nardini mourut à Florence le 7 mai 1793, à l'âge de soixante et onze ans. 


Cet artiste ne brillait point par des prodiges de mécanisme dans l'exécution des difficultés; inférieur sous ce rapport à Locatelli, son prédécesseur, il eut en compensation un son d'une admirable pureté, dont l'analogie avec la voix humaine était remarquable, et dans l'adagio il fit toujours admirer son expression pénétrante.  Le style de ses compositions manque un peu d'élévation, mais on y trouve de la suavité dans les mélodies et une certaine naïveté pleine de charme. Il n'a pas publié toutes ses productions,  car le plus grand nombre de ses concertos est resté en manuscrit; mais on a grave:

1° Six concertos pour violon, op.1; Amsterdam.

2° Six sonates pour violon et basse, op.2; Berlin, 1765. Cartier a publié une nouvelle

édition de ces sonates; Paris, Imbault.

3° Six trios pour flûte, composés pour lord Lyndhurst, et gravés à Londres.

4° Six solos pour violon, op.5; ibid.

5° Six quatuors pour deux violons, alto et basse, Florence,1782.

6° Six duos pour deux violons, ibd. Fayolle a fait graver, à Paris, le portrait de Nardini, d'après un dessin original appartenant à Cartier.



Extrait de Tome VI; P.280 de la « Biographie Universelle des Musiciens »  

par François-Joseph Fétis, 1860-1866 @BnF Gallica.




Nowakowski (Józef)